Google+ : bientôt la fin ?

Le 28 juin 2011, Google entrait en concurrence directe avec le géant Facebook en lançant Google+, un réseau social novateur. Basé sur le principe de “cercles” permettant de créer différents groupes de relations afin de gérer le partage de ses publications, celui-ci avait su séduire les internautes : en octobre 2014, il avait franchi le cap des 2 milliards de comptes malgré le départ de son fondateur quelques mois plus tôt. Pourtant, une étude récente signée Edward Morbius est venue nuancer ces chiffres vertigineux. En réalité, une très faible partie des utilisateurs de Google+ serait aujourd’hui active.

Murée dans le silence, la firme de Mountain View n’a pas encore communiqué de statistiques officielles sur ce point. Lors d’une interview donnée fin 2014, David Bresbis, remplaçant de Vic Gundotra à la tête du réseau social, se montrait déjà frileux à ce sujet. “Je ne veux pas parler de chiffres”, avait-il alors déclaré. Des choses à cacher ? Effectivement, si l’on en croit l’analyse réalisée par Morbius.

Détaillée sur Ello, elle révèle des chiffres alarmants quant à l’utilisation du service. Sur les 2,2 milliards de profils que compte Google+, 9% ont posté du contenu publiquement. L’activité la plus récente de 37% de ces utilisateurs est un commentaire sur Youtube. Pour 8%, il s’agit d’un changement de photo de profil. Seuls 6% des 9% de profils ayant déjà posté publiquement ont partagé un contenu public en janvier 2015. Pour 3% de ces utilisateurs, il ne s’agit pas d’un commentaire Youtube. Ces 3% représentent seulement 0,3% des 2,2 milliards de profils. En somme, Google+ ne compterait que 4 à 6 millions d’utilisateurs actifs. Un réseau social désertique, donc.

Cependant, ces informations sont à considérer avec précaution. Si le nombre d’utilisateurs actifs semble infime au regard de la somme totale de comptes, c’est que la création d’une adresse Gmail engendre automatiquement celle d’un profil Google+, une opération qui n’est souvent pas voulue. En outre, les statistiques mises en lumière par l’étude n’intègrent pas les publications privées, ni les commentaires, qui représentent une large part de l’activité sur le réseau social. Elles portent, de plus, sur une très courte période qui s’étend du 1er au 18 janvier 2015, soit trois semaines à peine. De quoi remettre en cause leur représentativité. Bon nombre d’internautes s’indignent d’ailleurs dans ce sens. À juste titre, puisque beaucoup de membres Google+ ne postent pas sur la plate-forme mais l’utilisent activement pour leurs opérations de veille.

Quoi qu’il en soit, ces estimations viennent raviver la rumeur selon laquelle Google+ serait une véritable “ville fantôme” à l’avenir incertain. Les événements récents ne se veulent pas plus rassurants : un an seulement après son arrivée, David Bresbis a quitté la direction la plate-forme hier. Son successeur, Bradley Horowitz, n’a pas attendu pour prendre des mesures radicales. Il a ainsi annoncé la séparation du service en deux entités distinctes, Google Streams et Google Photos. La fin de Google + ?