E-mailing : quel outil choisir ?

Le marketing direct recouvre un ensemble de techniques permettant aux annonceurs de fidéliser et de développer leur clientèle à travers la diffusion d’un message personnalisé. Parmi elles figurent le bon vieux publipostage (mailing) qui envahit nos boîtes aux lettres, l’insupportable prospection téléphonique (phoning) sans oublier le publipostage électronique, plus connu sous le nom d’e-mailing. Jusqu’à 15 fois moins onéreuse que les autres, cette méthode présente un rapport coût/efficacité des plus attractifs. Selon une étude, 1 $ investi dans l’e-mail marketing rapporterait en moyenne 44,25 $. Il engendrerait également le retour sur investissement (ROI) le plus élevé avec le chiffre vertigineux de 4 300 %. Une belle rentabilité qui, conjuguée à sa simplicité et à son immédiateté, font de l’e-mailing une solution particulièrement plébiscitée par les entreprises. Encore faut-il dénicher l’outil adéquat pour concevoir, diffuser et analyser ses campagnes. Tour d’horizon des solutions les plus accessibles sur le marché.

MailChimp

Un chimpanzé blagueur en tenue de facteur, ça ne court pas les rues. C’est pourtant la mascotte que s’est choisie MailChimp, la plate-forme d’e-mailing en ligne et sur appli mobile leader sur le marché. Créée à Atlanta en 2001, elle revendique 10 millions d’utilisateurs et 600 millions envois de mails au quotidien. Parmi ses clients les plus prestigieux, elle compte le géant Twitter, le New York Times ou encore la marque surfwear Billabong.

Les entreprises à la recherche d’une solution à la fois complète et intuitive sans pour autant disposer d’un budget pharaonique trouveront leur compte avec MailChimp. L’outil est totalement gratuit - et pour toujours ! - jusqu’à 2000 abonnés et 12 000 envois de mails par mois. Cette offre fournit un très large panel de fonctionnalités pour gérer ses campagnes e-mailing de A à Z :

  • L’A/B testing ;
  • La création de mailing lists ;
  • La conception de newsletters personnalisées ou à partir de modèles ;
  • Le tracking et l’analyse des performances avec des rapports de campagne (taux d’ouverture, taux de clic, nombre total d’ouvertures, suivi heure par heure, liens les plus cliqués…) ;
  • De multiples intégrations parmi lesquelles Facebook, Twitter, Shopify, Google Analytics, eBay

Les structures aux mailing lists plus conséquentes devront quant à elles se délester de quelques deniers. MailChimp propose une version payante qui donne accès à des features supplémentaires comme :

  • L’automatisation des mails ;
  • La segmentation des souscripteurs en fonction de leurs similarités ;
  • Un aperçu de la campagne sur tous les supports (desktop et mobile) ;
  • L’envoi de campagnes selon le fuseau horaire des différents abonnés ;
  • La personnalisation avancée des formulaires ;
  • L’optimisation de l’heure d’envoi.

Le pricing est progressif (de 10 $ par mois à 81 100 $) en fonction du nombre d’abonnés, et les utilisateurs peuvent également choisir d’acheter ponctuellement des crédits en fonction du nombre de mails qu’ils comptent envoyer.  

Chez Les-Tilleuls.coop, nous avons choisi la version gratuite de MailChimp pour gérer nos campagnes e-mailing. Son interface user-friendly en fait un outil facile à prendre en main idéal pour les profils non techniques. Avec sa gratuité, il offre des options de customisation satisfaisantes : à partir d’un template, via l’éditeur drag and drop ou, pour les plus rodés en codage, dans l’éditeur HTML. Chaque e-mailing créé est Responsive et donc adapté à tous les types de supports. Un must à l’ère du multi-canal. Seuls bémols : la réactivité du service après-vente laisse à désirer puisqu’il n’est joignable que par mail. De plus, MailChimp n’est pas encore disponible en français. Si ce n’est pas déjà fait, il est donc temps de se mettre à l’anglais !

SendinBlue

Les plus chauvins apprécieront SendinBlue, un outil d’e-mail et de SMS marketing lancé en 2012 par le français Armand Thiberge avec la vocation de démocratiser l’e-mailing. À ce jour, il couvre 140 pays mais reste bien loin des scores affichés par MailChimp avec seulement 15 000 utilisateurs réguliers et 30 millions de mails envoyés par jour. Des enseignes comme Michelin, BMW et l'équipementier sportif japonais Asics l’utilisent.

À l’instar de MailChimp, SendinBlue est un outil grand public qui propose une offre gratuite d’une richesse fonctionnelle suffisante pour créer, diffuser et monitorer ses campagnes. Sans rien avoir à débourser, les utilisateurs peuvent envoyer jusqu’à 9 000 mails par mois dans une limite de 300 mails par jour. Ses fonctionnalités n’ont rien à envier à celles de son concurrent au singe :

  • Création de mailing lists manuellement ou par import de fichiers .txt ou csv ;
  • Segmentation analytique et comportementale des contacts ;
  • Création d’e-mailings Responsive via un éditeur HTML, un éditeur drag and drop ou des templates ;
  • Formulaires d’inscription personnalisables ;
  • Trigger marketing (e-mails transactionnels) ;
  • Statistiques détaillées (taux d’ouverture, taux de clic, taux de désinscription…) ;
  • Intégrations multiples (Google Analytics, Prestashop, Magento, WordPress, WooCommerce, Drupal, Salesforce, Shopify).

Plusieurs formules payantes sont disponibles pour les entreprises envoyant un volume d’e-mails plus conséquent. Elles s’échelonnent entre l’abonnement Micro à 5,49 € par mois pour 40 000 mails et l’offre Atomique à 1 449 € pour 15 millions de mails. À partir de la formule Bronze (19 € par mois pour 60 000 mails), SendinBlue s’enrichit de nouvelles options :

  • Obtention d’une carte de chaleur des cliqueurs ;
  • Détails des ouvreurs et cliqueurs.

Tout comme avec MailChimp, des crédits prépayés sont également proposés à l’achat. Enfin, l’obtention d’une IP dédiée est possible pour 108 € par mois. Une option utile pour maximiser la délivrabilité de ses campagnes.

Avec son interface claire et ergonomique, SendinBlue se pose comme une solution accessible au plus grand nombre - d’autant plus qu’il est en français. Son support technique est joignable directement par téléphone, un gain de temps non négligeable par rapport aux interminables allers-retours par mail. On déplorera cependant la pauvreté des templates qui sont au nombre de 15 - bien moins que chez MailChimp - et un choix nettement plus restreint en matière d’intégrations. Mais SendinBlue est moins cher que son concurrent !

Sarbacane

Toujours du côté de l’Hexagone et plus précisément à Lille, on retrouve Sarbacane Software. Créé en 2001, cet outil est présenté comme le leader français de l’e-mailing avec plus de 51 000 utilisateurs à l’image du CIC, d’Atol ou encore de l’Aéroport de Lille. Contrairement à MailChimp et à SendinBlue, il s’agit non pas d’un service en ligne mais d’un logiciel à installer.  

Là où ses concurrents proposent une version gratuite, Sarbacane n’offre qu’une période de test de 30 jours. Au-delà de ce délai, l’achat de crédits est indispensable pour continuer à profiter de la plate-forme. Le principe est simple : chaque e-mailing jusqu’à 195Ko envoyé à un destinataire correspond à un crédit. Pour obtenir 1000 crédits par mois, il faudra ainsi débourser 35 €, 59 € pour 2 500 et ainsi de suite. Des packs de crédits valables un an sont également disponibles de 350 € pour 12 000 à 2 290 € pour 1 200 000. Les fonctionnalités sont les mêmes quel que soit le nombre de crédits achetés. Elles sont équivalentes à celles de MailChimp et SendinBlue :

  • Création de listes de contacts manuellement, par importation depuis Outlook ou via un fichier .txt ou .csv ;
  • Création d’e-mailings Responsive via l’éditeur HTML, l’EmailBuilder drag and drop ou à partir de plus de 200 templates ;
  • A/B testing ;
  • Statistiques détaillées (taux de clic, taux d’ouverture, taux de désabonnement, temps de lecture réelle, terminaux, messageries les plus utilisées...) ;
  • Extensions multiples (Magento, Wordpress, Prestashop, Google Analytics, GetInBox, Editeur de formulaires).

Tout aussi intuitif que MailChimp et SendinBlue, Sarbacane ne nécessite pas de compétences techniques particulières pour tirer pleinement parti de ses fonctionnalités. Il propose un large choix de modèles pour les campagnes de tous types, un détail appréciable en cas de panne d’inspiration. Sa lenteur porte néanmoins lourdement préjudice à son efficacité, un sérieux handicap pour un outil pourtant onéreux. L’attractivité de son interface laisse quant à elle clairement à désirer. (Update : Sarbacane est désormais disponible sur Mac !)

Mailjet

C’est dans la ville de Nantes que le service d’e-mailing marketing et transactionnel Mailjet a vu le jour en 2010. Aujourd’hui, il est utilisé par plus de 30 000 clients - dont les Galeries Lafayette et l’horlogeur TAG Heuer - répartis dans 150 pays.

L’utilisation de Mailjet reste entièrement gratuite dans la limite de 6000 mails envoyés par mois et 200 par jour. Cette formule donne accès à :

  • La gestion des mailing lists avec contacts illimités, widget d’abonnement, gestion automatique des désinscriptions ;
  • La création d’e-mailings Responsive avec l’éditeur drag and drop Passport, à partir de 35 templates ou via l’éditeur HTML  ;
  • Un relais STMP ;
  • Une API RESTful ;
  • De multiples intégrations (Drupal, Prestashop, Salesforce, Wordpress…) ;
  • Des outils de suivi (taux d’ouverture, de clic, erreurs, blocages, mises en SPAM…).

Les offres payantes vont de 5,49 € par mois pour 30 000 mails à 599,95 € par mois pour 2 500 000 envois, avec la possibilité d’obtenir une formule sur-mesure pour les plus gros volumes. Des fonctionnalités supplémentaires peuvent être débloquées moyennant une somme qui varie en fonction de l’abonnement choisi (2 € par mois avec l’offre Bronze, 7,50 € avec la Cristal…) :

  • La segmentation des contacts selon des critères comportementaux, démographiques, ou en fonction de leurs propriétés ;
  • Les tests A/X ;
  • Le comparateur de campagnes.

L’utilisation de Mailjet n’est pas plus complexe que celle de MailChimp, SendinBlue ou Sarbacane et sa profondeur fonctionnelle est suffisante pour couvrir les besoins en e-mailing des entreprises de toutes tailles. Il est moins coûteux que Sarbacane mais, à l’instar de son concurrent, son interface gagnerait à être modernisée pour une meilleure expérience utilisateur. En somme, rien de bien méchant !

Et vous, quel outil avez-vous choisi pour vos campagnes e-mailing ?