2015, l'ère du m-commerce ?

30,4 millions : c’est le nombre de mobinautes en France, soit 4,6 millions de plus qu’en 2014. Du côté des tablonautes, les chiffres sont tout aussi vertigineux. Ils sont aujourd’hui près de 13 millions, une hausse de 87% en 3 ans. Cette explosion des objets mobiles connectés n’est pas sans conséquences sur les pratiques de consommation des français. Le m-commerce est le symptôme caractéristique de ce bouleversement.

Comment définir le m-commerce ?

Le m-commerce ou mobile commerce désigne le fait d’effectuer un achat via son smartphone ou sa tablette en situation de mobilité, à partir d’une application ou d’un site web. Places de cinéma, billets de train, fast-food : de plus en plus de produits et services sont disponibles à la vente sur ces supports. Et ce concept est en train de conquérir l’Hexagone !

Quelques chiffres

En un an, le m-commerce aurait progressé de 47% en France, boostant ainsi la croissance de la vente en ligne. Il a d’ailleurs généré respectivement 50% et 40% du chiffre d’affaire de Showroomprive.com et Vente-privee.fr, acteurs incontournables du e-commerce. Une étude menée par le cabinet d’audit PwC souligne ce dynamisme : en 2012, seuls 30% des cyber-acheteurs ont effectué au moins une transaction commerciale sur leur smartphone, contre 48% en 2014. Pas moins de 4,6 milliards d’euros dépensés sur mobile, donc. Sur tablette, même constat, puisqu’ils sont 46%, une augmentation de 18% en deux ans. Pas de doute : dans une société ultra-connectée, le m-commerce tend à se démocratiser et devient un canal de vente important. De quoi encourager les e-commerçants à faire évoluer leur offre en devenant Mobile First.

Devenir Mobile First...

L’omniprésence du mobile induit une nouvelle manière de penser la conception d’un site web : le Mobile First. Là où le Responsive Design adapte une page conçue, en premier lieu, pour être lue sur un écran ordinateur afin de la rendre lisible sur d’autres supports, le Mobile First inverse le processus. Cette approche consiste, en effet, à réfléchir l’ergonomie du site Internet pour les plus petits écrans - téléphones et tablettes - avant de s’intéresser à une éventuelle version desktop. On parle d’”enrichissement progressif”.

… pour quoi faire ?

Si le m-commerce connait un tel essor, c’est qu’il présente des atouts de taille. Chez les mobinautes, le smartphone encourage l’achat impulsif en permettant une navigation simple et rapide. Avec un écran plus large, la tablette offre un meilleur confort de lecture et améliore ainsi l’expérience utilisateur. C’est ce qui explique son taux de transformation supérieur.

Du côté des entreprises, le fait d’intégrer le commerce mobile dans une stratégie marketing constitue un véritable levier pour améliorer sa visibilité, acquérir du trafic et fidéliser sa clientèle. Il favorise la proximité avec les acheteurs potentiels en formulant une offre personnalisée grâce, notamment, au géofencing. Avec cette technologie de géolocalisation, les marques définissent leurs zones de chalandise, c’est à dire les espaces où s’exerce leur influence commerciale. Si l’utilisateur y pénètre, il reçoit une notification instantanée contenant un message ciblé qui vise à l’attirer en boutique. C’est le mobile-to-store : après s’être renseigné sur un produit via son téléphone ou sa tablette, le client vient finaliser la transaction dans un point de vente physique. On parle alors de ROPO (Research Online Purchase Offline). Le Click and Collect en est un autre exemple. Ce système consiste à effectuer une commande en ligne avant de venir la retirer en magasin. Pour McDonald’s, il représente 50% du chiffre d’affaires, et il devrait en être de même pour de nombreuses enseignes d’ici peu.

À l’heure où smartphones et tablettes font partie intégrante du parcours d’achat des français, le m-commerce s’impose comme un vecteur de croissance indispensable. Le fait d’avoir un site internet qui n’est pas optimisé mobile reviendrait d’ailleurs à fermer son magasin un jour par semaine... À méditer !